| |
 |
|
 |
 es
deux grandes théories, celle de la relativité et
celle des quanta, qui donnent à la physique du XXe siècle
sa physionomie propre, Einstein a apporté à l’élaboration
de la seconde une contribution essentielle par sa conception
du photon, à laquelle allait correspondre plus tard, symétriquement
en quelque sorte, la mécanique ondulatoire de Louis de
Broglie : la réunion des deux impose l’obligation
d’associer, dans tous les domaines de la physique, les
points de vue corpusculaire et ondulatoire, qui au XIXe siècle,
séparaient de façon apparemment irréductible
la mécanique et l’électromagnétisme.
Mais c’est avant tout à la
théorie de la relativité que le nom d’Einstein
reste attaché. Sans méconnaître pour autant
le rôle d’un Lorentz ou d’un Minkowski, on peut
bien dire en effet qu’elle a été comme celle
de la physique quantique, dépasse le cadre de la science
positive. Elle n’a pas seulement transforma notre vision
du monde, elle a aussi, solidairement, exigé un bouleversement
profond de nos habitudes de pensée. C’est pourquoi,
après un exposé de l’œuvre scientifique
d’Einstein, on indiquera ses principales incidences dans
le domaine de l’épistémologie et, plus généralement,
de la philosophie.

|
 |

|
| |
Une
exigence de totale rationalité
 lbert
Einstein naît à Ulm en 1879. Un an après,
son père, Hermann Einstein, est appelé à diriger
une usine électrochimique à Munich, où la
famille se fixe. D’origine israélite, celle-ci conservait
une forme d’humanisme agnostique issu des traditions ancestrales.
Un idéal artistique, scientifique, et aussi un profond
esprit de tolérance, allaient toujours animer Albert Einstein
au milieu des conflits raciaux et des persécutions partisanes.
A l’Ecole polytechnique fédérale
de Zurich, il suit les cours de H. Minkowski, qui généralisera
plus tard le formalisme quadridimensionnel introduit par les théories
de son ancien élève.
En juillet 1902, Einstein obtient
un emploi à Berne au service des inventions techniques de
l’Office fédéral des brevets. De là sortent
ses premiers travaux, qui auraient suffi, à eux seuls, à modifier
la physique de début du siècle.
Peu de temps après son arrivée
dans cette ville, en janvier 1903, Einstein épouse Mileva
Maritsch, qui avait été, comme lui, étudiante à Zurich.
Ils auront deux fils, Hans Albert, né en 1904, et Edwards,
en 1910.
Durant l’année 1905,
Einstein publie trois mémoires : chacun d’eux présente
une importance considérable et une profonde originalité.
Le premier donne une interprétation de l’effet photoélectrique
fondée sur l’hypothèse des quanta de lumière.
Le second établit la théorie statistique du mouvement
brownien. Le troisième pose les bases de la relativité restreinte.
Ce sont les deux premiers mémoires qui, en 1921, valent à Einstein
le prix Nobel, « pour ses travaux sur le mouvement brownien
et son interprétation de l’effet photoélectrique »
|
|
|
| |
Nommé Privatdozent à Berne
en 1909, puis professeur à l’Université de Zurich
en 1910, Einstein décide pourtant d’occuper la chaire
de physique théorique que lui propose l’Université de
Prague en 1911. Son séjour est d’ailleurs de courte
durée : il revient à Zurich à la fin de 1912
et enseigne alors dans cette Ecole polytechnique où il avait été élève
douze ans auparavant.
A la fin de 1912, après un
congrès où avait été discutée, à Vienne,
la théorie de la relativité, Einstein accepte la
chaire que lui offre l’Université de Berlin. Celle-ci
dont Max von Laue, Lise Meitner, James Franck, Gustav Hertz, Erwin
Schrödinger feront partie, groupait alors des savants illustres,
tels Max Planck et Walther Nernst. Cette période berlinoise
est celle du développement de la relativité générale
dont Einstein avait déjà débattu les principes à Zurich
avec le mathématicien Marcel Grossman.
L’après-guerre
apporte de nombreux bouleversements dans la vie familiale et scientifique
d’Einstein. Divorcé d’avec Mileva, il épouse,
en 1919, sa cousine Elsa. Plusieurs années plus tard, après
l’accession de Hitler au pouvoir, il doit quitter l’Allemagne
et s’établit aux Etats-Unis, à Princeton. La
Seconde Guerre mondiale, l’apparition des armes nucléaires
qu’avaient permis ses propres théories, les problèmes
raciaux, les développements du sionisme constituent pour
lui de constantes préoccupations.
De plus, l’environnement scientifique
change profondément et la vieillesse d’Einstein est
assez solitaire. Par son exigence unitaire, il demeure à l’écart
de certains courants actuels. Il meurt à Princeton, laissant
un œuvre scientifique inséparable d’une certaine
vision du monde.
Les idées issues de la relativité eurent
constamment une grande influence sur la philosophie contemporaine.
On a souvent rapproché la pensée d’Einstein
de celle de Kant, de Spinoza et, plus immédiatement, des
idées de Mach et de Föppl. En fait, l’œuvre
d’Einstein présente une originalité qui ne
permet pas de l’inféoder à une doctrine philosophique.
|
|
 |

|
|
|