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 icolas
Copernic, astronome polonais du XVIe siècle, doit être
considéré comme l’un des plus grands génies
de son époque. Il a conquis une gloire universelle grâce à sa
théorie du mouvement de la Terre et des planètes.
Dans son système héliocentrique (connu depuis sous
le nom de système de Copernic), toutes les planètes
tournent autour du Soleil, et la Terre n’est plus qu’une
planète comme les autres, dont la rotation sur elle-même
donne l’alternance des jours et des nuits. Malgré la
grande simplicité de son système, Copernic ne réussit
pas à faire admettre ses idées parmi ses contemporains.
A côté de son intérêt
astronomique, l’œuvre de Copernic eut une portée
philosophique immense. Elle marqua l’un des tournants essentiels
de la pensée, qui plaçait l’homme au centre
d’un univers fait pour lui. Cela explique les réactions
violentes qu’elle souleva pendant plus de deux siècles.


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 près
avoir fait ses premières études à Cracovie,
de 1491 à 1497, Nicolas Copernic parcourut les plus célèbres
universités d’Italie – Boulogne, Rome, Padoue – où il
compléta ses connaissances en astronomie. En 1506, il revint
se fixer en Pologne, à Frauenbourg, où il exerça
jusqu’à sa mort les fonctions de chanoine. C’est
là, dans les brumes de la Baltique, que naquit la grande théorie
du système planétaire héliocentrique, qui devait
avoir sur les sciences et la philosophie du monde occidental une
influence sans précédent. Cette théorie est
décrite dans son œuvre, De revolutionibus orbium
coelestium (Des révolutions des orbes célestes),
qui parut à Nuremberg en 1543, l’année de sa
mort. On peut affirmer que cet ouvrage marque le début des
temps modernes.
Copernic fut un grand admirateur de
Ptolémée ; c’est en essayant de perfectionner
le système planétaire de ce dernier qu’il fut
amené à concevoir un modèle entièrement
différent.
Le ciel de Frauenbourg, peu propice
aux observations astronomiques, et des instruments de qualité médiocre
ne favorisèrent pas les observations de Copernic, qui n’ont
qu’une valeur très relative. C’est par son œuvre
intellectuelle que Copernic compte parmi les plus grands astronomes
de tous les temps.
Dans le dixième chapitre de
son livre, Copernic a formulé ses idées essentielles.
Il y expose le système héliocentrique du monde, dont
toutes les observations, depuis, n’ont fait que confirmer la
réalité : le Soleil, fixe, et placé au centre
de l’univers ; autour de jui, sur des orbites de dimensions
différentes, gravitent la Terre et les planètes, la
Terre parcourant la sienne en une année. De plus, Copernic
découvre que celle-ci possède un mouvement de rotation
sur elle-même en 24 heures, et que la Lune est son satellite.
La sphère des étoiles, immobiles, entoure tout l’univers.
Il est certain que c’est essentiellement
de ses propres études que Copernic déduisit son système
; mais il prit soin, probablement pour faire accepter plus facilement
ses idées par ses contemporains, de citer les travaux de ses
prédécesseurs grecs ; en particulier ceux d’Aristarque
qui fut le premier à proposer le système héliocentrique,
et se trouve nommément cité dans un passage rayé (et
non imprimé en 1543), mais rétabli dans l’édition
de 1873.
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Certains
préjugés métaphysiques ont influencé considérablement
Copernic : il veut retrouver le mouvement circulaire et uniforme, « le
plus parfait et le plus naturel pour les corps sphériques »,
que Ptolémée avait été obligé d’abandonner
dans son système. De même, c’est parce que le
Soleil est le plus beau et le plus brillant des astres qu’il
doit être mis à une place d’honneur, c’est-à-dire
au centre de l’univers. Quelles que furent les motivations
de Copernic, le système auquel il parvint est beaucoup plus
simple que celui de Ptolémée. Néanmoins, l’imprécision
de ses observations ne lui permit pas de découvrir la nature
exacte des orbites planétaires : cette tâche devait
revenir à Kepler. Malgré sa simplicité, le système
de Copernic ne s’imposa pas immédiatement. Peu d’astronomes
l’adoptèrent, à l’exception de Mästlin,
le maître de Kepler, et de Benedetti, maître de Galilée.
Ce n’est qu’au cours du XVIIe siècle, après
les découvertes de Galilée et de Kepler, que le système
de Copernic finit par s’imposer.
Les positions de Copernic furent
encore plus difficilement admises sur le plan philosophique. Le
fait que la Terre devienne une planète parmi d’autres
et perde de la sorte sa position privilégiée au centre
de cosmos, voilà qui allait à l’encontre des
idées universellement admises, et de l’interprétation
trop littérale des Ecritures répandues chez les théologiens.
Copernic n’eut pas à souffrir personnellement de ces
réactions, malgré les sarcasmes et les menaces qui
lui furent adressés, aussi bien par l’Eglise catholique
que par les protestants allemands tels Luther et Melanchton ; son
livre fut mis à l’index en 1616 et y demeura pendant
deux siècles, mais Copernic ne connut pas le sort qui devait être
réservé plus tard aux plus ardents défenseurs
de son système, Giordano Bruno et Galilée.
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